Après un long week-end absolument parfait à Paris, je suis retournée au boulot ce matin.
Ayant à peine fait le tour des 600 et quelques mails qui se sont accumulés pendant mon départ, on append une nouvelle.
L’un de nos clients met la clé sous la porte. Du jour au lendemain. Les salariés sortent avec des cartons de l’immeuble nous racontent des journalistes, mieux au courant que nous, et soudainement très intéressés par l’entreprise. Ils ne sont pas dans la finance, ils sont dans l’énergie.
Le client, lui, après un initial coup de téléphone vers midi pour nous expliquer la situation, est injoignable. On a donc aucune information à fournir aux journalistes qui piafent d’impatience et qui s’amusent de notre impuissance.
Du côté de l’agence, en une minute, on doit tout arrêter. Tous les projets. Tous les efforts mis en place. Le plan d’action sur cinq mois présenté la veille au client qui ne se doutait pas qu’il se retrouverait sans emploi le lendemain.
Cette histoire est du genre “ça n’arrive qu’aux autres”. Je parcourais ces derniers temps le Financial Times, l’International Herald Tribune, et autres Economist en voyant ces photos de banquiers de Londres sortir de leur tour de verre les bras chargés de cartons. Et pourtant aujourd’hui, c’est arrivé à l’un de nos clients. Un client pour qui l’on aimait travailler et pour qui j’allouais le plus grand nombre de mes heures. Pour qui nous avions préparé une campagne en béton armé couronnée de succès (nous venons tout juste d’être nominé pour un Award). Pour qui nous avions des idées et des ambitions. D’ailleurs c’est moi qui avait eu l’idée de la prochaine campagne qui allait durer tout l’hiver. Pas dans les détails évidemment, mais dans les grandes lignes.
C’est dommage.
Il est difficile de prendre du recul sur cet événement. Nous serons sans doute encore demain innondés de coups de fil de journalistes avides de scoop. Ceux-là même à qui nous voulions vendre nos histoires quand notre client allait bien.
Mais ça n’intéresse personne, un client qui va bien.
